From L'Equipe:
L'UCI soupçonnée de corruption
A trois jours de l'élection à la présidence de l'UCI, Hein Verbruggen est
fébrile. Le président sortant, qui pourrait postuler pour un quatrième
mandat au cas où la candidature de son poulain, l'Irlandais Pat McQuaid,
serait invalidée, doit faire face à une opposition grandissante.
Dernier épisode en date, relaté par le quotidien L'Equipe, plusieurs
présidents de Fédérations africaines évoquent des dessous de table en vue
d'obtenir les voix des délégués représentant la Confédération africaine,
soit 7 votants sur les 42 appelés à se prononcer vendredi à Madrid.
Le président de la Fédération burkinabée, Amada Diallo, ancien
président de la Confédération africaine de cyclisme (CAC) et battu aux
élections, le 23 mai dernier, lors du Congrès de Rome par l'Egyptien Mohamed
Wagih Azzam estime que le vote a été manipulé. «A la CAC, c'est le président
qui désigne les délégués votants. Alors en changeant le président...» Selon
lui, les soutiens dont il bénéficiait ont été achetés. «Un président de
fédération m'a raconté que la nuit précédant le vote, les pays anglophones
ont été réunis à l'hôtel, on leur a proposé de l'argent en échange de leur
vote pour l'Egyptien.»
L'UCI s'étonne
Mohamed Naidji, président de la Fédération algérienne, n'est pas allé
au Congrès de Rome mais confirme la version d'Amada Diallo : «Il y a eu
beaucoup de dessous de table et les gens ont voté comme il le fallait. J'en
suis sûr parce qu'avant Rome, on m'a proposé de voter pour l'Egyptien contre
paiement. Le cyclisme africain, au fond, ils s'en moquent.»
La seule voix divergente émane de l'unique francophone élu, le
Tunisien Mohamed Damal Louafi, président de la fédération de son pays et
membre de la liste des votants pour l'Afrique. «Je n'ai rien vu de tout
cela. S'il y avait quelque chose, je le dirais. Hein Verbruggen a fait
beaucoup pour l'Afrique, ne serait-ce qu'avec le Centre mondial de formation
à Aigle...»
L'UCI s'est déclarée «étonnée que ces messieurs dénoncent aujourd'hui
des maniûlations et n'aient pas fait appel aux instances compétentes.» La
guerre n'a pas fini de faire rage d'ici vendredi.